La firme Irving Pulp & Paper qui l’embauche licencie, en un jour, 8 000 employés. Notre jeune Alsacien doit rapidement changer de cap, et se déniche un emploi de bagagiste dans un hôtel des Laurentides. Puis il devient barman au Troïka, populaire restaurant russe montréalais. Naît alors sa passion pour le divertissement.

 

À 29 ans, il ouvre son propre bar, le Don Juan, en association avec Johnny Vago, vieux routier du métier. Fort d’un premier succès, Durst ne tarde pas à ouvrir une deuxième boîte de nuit, face au légendaire Club Playboy de la rue Aylmer : George’s, lequel sera rebaptisé Maxwell, puis Biddle’s, berceau de La Maison du Jazz originale. On vient de partout pour participer à ses tournois de backgammon, nouveau dada, à l’époque, des membres du jet set. 

Il se démarque par son habileté à créer des décors étonnants et des ambiances irrésistibles. Énigmatique et fascinant à la fois, notre ardent défricheur renoue toutefois avec la nature en baladant, à l’aube, ses élégants fauves, sur le Mont-Royal. 

Au cours des années’ 70, le dynamique entrepreneur domine la vie nocturne québécoise avec une vingtaine d’établissements très en vogue. Son flair à détecter les tendances musicales et à développer des artistes de haut calibre se confirme. Tous se souviennent, en particulier, de Dominique’s où Gino Vanelli a fait ses premières armes, et de Tiffany, tremplin du bassiste Charlie Biddle, sur la très mondaine rue Crescent. On ne s’étonne pas que les Joe Dassin et David Bowie, entre autres stars, aient choisi d’y tenir leurs cocktails de presse. 

Arrivent les années’ 80, les baby boomers s’assagissent. Toujours aussi visionnaire, Durst met davantage l’emphase sur la restauration jumelée à divers types de divertissement. Il innove en combinant, sous le même toit, trois établissements dans le pittoresque Vieux Montréal; ainsi, on vient dîner au restaurant français Les Serres ( musique classique), puis, on prend le digestif au Bijou (groupes Soul, Rhythm & Blues) avant d’aller danser au Monte Carlo, club privé chéri de Pierre Elliott Trudeau et Charles Aznavour. En 1986, le Monte Carlo prend l’allure d’un restaurant slave où les convives savourent leur caviar et vodka fleurie, éblouis par les violons langoureux des musiciens gitans; Omar Sharif et son fils Tarek viennent inaugurer le désormais célèbre Zhivago. 

Par ailleurs,la recette vedette de poulet et côtes levées à la mode louisianaise de Biddle’s devient le fer de lance du réseau de restaurants La Cage aux Sports. En dix ans, Georges Durst en construit 43, ce qui lui vaut, en 1987, le titre de “Meilleur créateur d’emplois au Canada”’, et en 1993, celui de “Restaurateur de l’année” au pays. Ces établissements permettent au fervent collectionneur d’art qu’il est d’exposer ses multiples trésors, découverts aux quatre coins du globe. Que dire des avions grandeur nature suspendus au plafond des Cage aux Sports ! Autre exploit inédit pour un restaurateur québécois : il réussit à inscrire son entreprise à la Bourse de Montréal sous le nom de Sportscène. 

Homme d’affaires accompli, Georges Durst se consacre, parallèlement, à diverses autres entreprises touchant aux domaines de l’immobilier (ex : L’Usine Mont-Royal), de la finance, de la haute technologie (Saratoga ATM / Electronic Solutions - symbole boursier ‘SAR’) et du cinéma (Ciné-Cité St-Hubert et Décors Paramount). Partout, il fait sa marque avec ses stratégies de marketing innovatrices. Philanthrope, il contribue fréquemment à des levées de fonds au profit de divers organismes. On apprécie, tout particulièrement, sa propension à vouloir aider la relève, en parrainant de jeunes restaurateurs et des musiciens en herbe. 

2006 À bord de l’avion qui l’emmène aux Philippines, Georges Durst pense à toutes les Maison du Jazz qu’il s’apprête à construire à Hong Kong, en Asie, à Moscou de concert avec Vladislav Tretiak, à Paris et autres parties du monde. 

À suivre…

Vous pouvez visiter le www.georgesdurst.ca